Une expérience d’autoédition

Cela fait longtemps que je n’ai rien publié sur ce blog. Question de temps, question d’inspiration aussi. Je ne suis pourtant pas resté « sec », puisque j’ai terminé l’écriture et l’édition d’un ouvrage commencé il y a de longues années (voir la nouvelle section « livres » dans le menu).

Voici donc un résumé de mon expérience d’autoédition. Un article de plus sur ce sujet, me direz-vous ! Oui, mais rassurez-vous, je ne m’étendrai pas sur des thèmes qui sont très bien traités ailleurs. Je vous propose en un seul article synthétique, une description de l’ensemble des tâches que doit prendre en charge un auteur indépendant. J’en profite pour détailler certaines parties pour lesquelles je n’ai pas vraiment trouvé d’aide sur d’autres sites et je partage les liens qui m’ont le plus aidé.
Rentrez avec moi dans le monde passionnant de l’autoédition…

Pourquoi l’autoédition ?

J’avais écrit l’ouvrage que j’imaginais. Tenter d’être lu m’apparut la suite la plus honnête intellectuellement parlant. Comme beaucoup, j’ai commencé par le proposer à des éditeurs. Je ne les ai pas tous écumés, seulement quatre ou cinq, mais je ne reçus que des réponses négatives, quand réponse il y eut. Le temps qu’elles arrivent (plusieurs mois pour certains) m’a permis de mûrir mon projet.

J’avais une idée assez précise de ce à quoi devait ressembler l’ouvrage, ainsi que de son accompagnement. Je crois même que j’avais assez de certitude (ou de suffisance ?) pour craindre que ce projet m’échappe, une fois confié à d’autres mains. L’autoédition apporte de ce point de vue une grande liberté et m’apparut comme la meilleure solution pour aller au bout de ce que j’avais en tête : les outils sont nombreux, la diffusion numérique rodée et l’impression à la demande à la portée de tous. De plus, il y a pléthores de sites partageant leur expérience. Bref, j’étais prêt pour continuer l’aventure, mieux, j’en avais envie.

Références

Au fil de mes recherches, j’ai trouvé un grand nombre de blogs abordant l’autoédition et je me suis inspiré de quelques-uns pour les différentes phases de mon projet.
Les voici :

Outils

  • J’ai utilisé LibreOffice Writer. D’utilisation classique pour un traitement de texte, j’ai dû faire face à des lenteurs au fur et à mesure que la taille du livre augmentait. Pour la prochaine fois, je tenterai plutôt d’écrire par parties. Ce sera plus facile à manipuler et on discerne mieux le plan général, qu’on peut donc plus facilement juger et modifier.
  • Gimp pour le travail sur les photos (détourage, passage en N&B, symétries, etc.)
  • Inkscape pour le travail sur les SVG.
  • LibreOffice Draw pour l’assemblage final des images et des couvertures et leur export en JPEG ou PDF.
  • Calibre pour la génération ePub.

Écriture, images et couverture

Les Styles

Ce conseil fondamental est répété par tous : utilisez les styles et uniquement les styles lors de l’écriture : corps de texte, titres, notes, citations, absolument TOUT doit être réglé à travers un style particulier. Vous rencontrerez sinon pas mal de problèmes lors de la fabrication des versions papier ou ePub : polices différentes dans le même paragraphe, impossibilité de changer une police de corps de texte sans devoir repasser partout, etc.

Une alternative est de ne pas utiliser de traitement de texte, mais un outil d’écriture simplifié dont la promesse est de se concentrer sur l’écriture pour traiter les styles à un autre moment : Ulysses par exemple, mais il y en a d’autres. Ceci ne vous évitera pas de devoir définir la nature de ce que vous écrivez (titre, citation, note, etc.), mais c’est beaucoup plus simple et cela devrait systématiser et fiabiliser la gestion ultérieure des styles. Notez le conditionnel, car je n’ai pas encore testé ce genre d’outil dans la phase de publication (post-écriture).

Les images

Si vous ne faites appel à aucun graphiste, vous devrez prendre en charge vous-même la fourniture des images de votre livre et dans tous les cas la conception et la fourniture de la couverture, que l’ouvrage soit publié sous une forme numérique ou papier.

Le format le plus couramment accepté, voire imposé par toutes les plateformes est le format JPEG (l’imprimeur voudra, lui, du PDF). Lorsque cela est possible, menez cependant les différentes étapes de conception avec un format vectoriel (SVG est un standard en la matière) et ne générez le JPEG qu’à la toute fin du processus. Cela vous évitera des pertes de qualité qui rendraient l’image ou la couverture finalement inutilisables (pixellisation, flou, etc.)

Si toutefois vous devez utiliser un JPEG pour concevoir une illustration ou une couverture (une photo par exemple), assurez-vous de travailler avec la plus haute définition disponible et une densité d’au moins 300 dpi (pixels par pouce). Les JPEG (illustrations ou couverture) que vous fournirez dans le ePub et à la plateforme de publication devront d’ailleurs respecter cette densité de 300 dpi pour obtenir un rendu de qualité suffisante.

Concernant la taille des images, intérieures ou de couverture, j’ai suivi les conseils trouvés sur https://www.gabriellea-author.com/single-post/2016/10/20/file-and-creation-guide-for-ebook-covers et le résultat fut parfait, tant pour la version imprimée que pour la version numérique . En résumé, les images doivent faire une taille d’au moins 1800×2700 pixels, en 300 dpi, notamment les images de couverture qui seront utilisées sur les plateformes de diffusion (Amazon, etc.)

Couverture

En cherchant sur Internet une photo de tour dans la forêt, j’ai trouvé la tour Philippe, dans le Lubéron qui correspondait tout à fait à ce que je voulais (mise à part la forme rectangulaire et non circulaire, mais bon…). Vincent Agnès, l’auteur de cette photo, m’a gentiment donné le droit de l’utiliser… en échange d’un exemplaire du livre. Très sympa comme troc !

Outre les outils déjà cités pour manipuler les images, j’ai utilisé le site https://wordart.com/ pour générer sur cette photo retravaillée, un nuage de mots qui donne bien cette impression de bruissement, de foisonnement du monde qui est présente dans le livre. Je trouve que cette couverture est assez originale et se démarque suffisamment, ce qui est important pour l’identification et la mémorisation du livre.

Version papier et version numérique

La version papier obéit à certaine règles de présentation qui ne sont pas nécessaires en version numérique. Par exemple les premières et dernières feuilles doivent rester vides, les mentions obligatoires ne sont pas les mêmes, les chapitres débutent toujours sur une page à gauche, qui est toujours un numéro de page impaire.

Par contre, la version numérique accepte des liens hypertexte qu’il est bien de coder comme de vrais liens et les pages vides n’ont aucun sens dans ce format.

Enfin, le découpage entre une version papier et une version numérique n’est pas forcément le même. Mon ouvrage est par exemple divisé en quatre livres. J’ai créé un fichier ePub pour chacun d’eux. Alors que, essentiellement pour des raisons de coût, j’ai créé une version papier en deux tomes, chacun regroupant deux livres.

Tout ça pour vous dire que vous pouvez être amené à concevoir de multiples fichiers, les uns dévolus à la version papier, les autres à la version numérique. Il faut évidemment ne faire cette séparation qu’à la toute fin, sinon vous serez obligé de reporter toutes les corrections sur les différentes versions, ce qui est, comment dire… casse-gueule !

Forme numérique ePub

Mise en page

J’ai généré le livre au format ePub avec Calibre, mais cette partie n’a pas été évidente. LibreOffice génère un fichier qui n’est pas très propre, avec des changements de styles extrêmement fréquents. Cela ne gêne toutefois pas l’affichage sur ma liseuse Kobo, ni sur le logiciel « Livres » de mon Mac, ni sur la liseuse de Calibre.
Voici les étapes :

  • Ouvrir Calibre
  • Bouton « Ajouter des livres »
  • Choisir le fichier LibreOffice de votre ouvrage (extension en .odt)
  • Une fois ce fichier importé dans Calibre, le sélectionner et cliquer sur le bouton « Convertir »
  • Une fenêtre s’ouvre. Vérifier que les listes déroulantes en haut à gauche et à droite sont bien positionnées respectivement sur « ODT » et « EPUB »
  • Dans l’onglet « Métadonnées », saisir :
    • au moins le titre et l’auteur
    • sélectionner le fichier JPEG de couverture et ne pas coche la case « Utiliser la couverture depuis le fichier source »
  • Dans l’onglet « Mise en page », j’ai personnellement choisi le profil de sortie « E-ink générique HD » qui fonctionne bien sur les trois lecteurs que j’ai essayé (Kobo touch, logiciel « Livres » sur le Mac et le lecteur de Calibre).
  • Dans l’onglet « Détection de la structure », j’ai modifié l’expression XPATH de détection des chapitres par : //*[name()='h1' or name()='h2']
  • Et enfin, dans l’onglet « Sortie EPUB », j’ai coché « Conserver les proportions de la couverture »

Mon livre comportant des images intérieures, j’ai dû faire face au problème suivant : soit l’image intérieure était automatiquement prise comme couverture par Calibre, soit, si je sélectionnais une couverture explicitement, l’image intérieure était remplacée par la couverture et n’était pas en pleine page.
J’ai donc étudié le code qui faisait que la couverture était en pleine page et l’ai appliqué aux images intérieures préalablement importées, ce qui a bien fonctionné. Voici le processus :

  • Sélectionner dans Calibre le fichier ePub qui a été généré à partir du fichier ODT.
  • Cliquer sur le bouton « Éditer le livre »
  • Dans la fenêtre qui vient de s’ouvrir, cliquer sur le bouton : (Nouveau fichier (Images/polices/HTML etc.))
  • Dans la popin qui s’ouvre alors, cliquer sur le bouton « Importer un fichier de ressource »
  • Choisir l’image intérieure à importer.
  • Une fois importée, elle apparaît dans le répertoire « Images » sur la colonne gauche de la fenêtre d’édition de l’ePub. Cette image est alors utilisable dans le livre.
  • Il ne reste plus qu’à trouver le bloc « index_split_xxx.xhtml » dans lequel doit se trouver l’image intérieure et y intégrer ce code (à adapter suivant votre cas) :
<?xml version='1.0' encoding='utf-8'?>
<html xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml" class="calibre">
  <head>
    <title>Devenir</title>
    <meta http-equiv="Content-Type" content="text/html; charset=utf-8"/>
  <link rel="stylesheet" type="text/css" href="stylesheet.css"/>
<link rel="stylesheet" type="text/css" href="page_styles.css"/>
</head>
<body>
        <div>
            <svg xmlns="http://www.w3.org/2000/svg" xmlns:xlink="http://www.w3.org/1999/xlink" version="1.1" width="100%" height="100%" viewBox="0 0 1650 2103" preserveAspectRatio="xMidYMid meet">
                <image width="1650" height="2103" xlink:href="Pictures/100000000000076F00000A8C1676F04BB33492E7.jpg"/>
            </svg>
        </div>
    </body>
</html>
  • Suivant la langue d’interface de l’éditeur d’ePub, le répertoire « Images » peut se nommer « Pictures ». Vous devez bien évidemment remplacer le nom de l’image dans le code ci-dessus par le nom de celle que vous venez d’importer. La qualité du rendu sera fonction de la taille et de la densité de l’image importée, suivez les conseils précédents à ce sujet.

Notes de bas de page

Ben là, c’est pas la joie ! Les notes de bas de page sont rendues différemment suivant les lecteur d’ePub. Sur la liseuse Kobo, c’est une catastrophe, on n’arrive pas à tapoter avec son doigt toujours trop gros sur le petit chiffre en exposant et donc la note correspondante ne s’affiche pas. Sur d’autres lecteurs ePub hors liseuse, c’est plus facile d’usage, le pointeur de la souris étant plus précis.

La seule idée qui me soit venue sans que cela demande une complète réécriture des notes est d’agrandir la zone sensible autour du numéro de la note en exposant : la zone devenant plus étendue, on a moins de mal à tapoter dessus. J’ai choisi d’ajouter deux espaces insécables devant ce numéro et deux derrières, en restant dans le tag <a> qui l’entoure.
Voici un exemple avec la note numéro 1. Je n’ai pas changé la structure html, j’ai juste ajouté ces espaces insécables :

<?xml version='1.0' encoding='utf-8'?>
<html xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml" class="calibre">
  <head>
    <title>Devenir</title>
    <meta http-equiv="Content-Type" content="text/html; charset=utf-8"/>
  <link rel="stylesheet" type="text/css" href="stylesheet.css"/>
<link rel="stylesheet" type="text/css" href="page_styles.css"/>
</head>
  <body class="calibre1">
<h2 class="p-p2" id="calibre_toc_4"><a id="anchor6" class="calibre2"></a><a class="calibre2"></a></h2>
<p class="p-p8"> </p>
<p class="p-p8">É<span class="calibre2">teignez votre mobile</span><span class="calibre2"><sup class="calibre4"><a href="index_split_023.xhtml#footnote-1" class="citation" id="citation-1">  1  </a>
</sup>
</span><span class="calibre2">, installez-vous confortablement, faites le vide et lentement prenez votre temps.</span> </p>
<p class="p-p8"> </p>
<p class="p-p8">Ne se posent en fait, dans tout ce que vous vous apprêtez à lire que trois questions.</p>
<p class="p-p8">La vie est-elle une quête ?</p>
<p class="p-p8">Doit-elle avoir un sens ?</p>
<p class="p-p8">Y en a-t-il un ?</p>
<p class="p-p8"> </p>
<p class="p-p8">Eh oui, rien que ça.</p>
<p class="p-p8">De sens, ces histoires n’en ont ni plus ni moins que nos vies.</p>
</body>
</html>

Pourquoi des espaces insécables ? D’une part parce que le caractère « espace » m’a semblé plus léger à lire que des parenthèses ou des crochets par exemple, d’autre part, car il assure que le bloc entier « <espace insécable><espace insécable><exposant du numéro de note><espace insécable><espace insécable> » reste bien en un seul morceau, sans que nul passage à la ligne ne vienne le couper, donc le rétrécir, donc anéantir cette astuce (j’ai toujours un gros doigt !).

SI vous avez du mal à trouver comment insérer un espace insécable, je vous invite à rechercher la bonne configuration logiciel/OS qui fonctionnera pour vous. Tout bon traitement de texte (LibreOffice ou Word) génère normalement un espace insécable devant une ponctuation comme le point d’interrogation : il est aussi possible de le copier/coller !

DRM, watermarking, et autres « protections du droit d’auteur des ayants-droits »

Je n’ai évidemment pas inclus de DRM ou de watermarking dans les fichiers ePub. Mon but est de diffuser, pas de contrôler.

Autres métadonnées (langue, ISBN)

Vous pouvez ajouter le numéro ISBN aux métadonnées de l’ePub :

  • Copier le numéro ISBN dans le presse-papier
  • Sélectionner le livre dans Calibre et cliquer sur le bouton « Éditer les métadonnées ».
  • Cliquer sur le bouton à gauche du champ ‘Ids », le numéro ISBN s’y inscrira automatiquement.

C’est aussi dans ce formulaire que vous pourrez définir la langue de l’ouvrage, cruciale pour pouvoir utiliser le dictionnaire du lecteur d’ePub.

Et en papier

Relecture, maquettage et impression

Un certain nombre d’imprimeurs à la demande ainsi que des plateformes d’autoédition proposent des services optionnels de relecture, de mise en page et de création de couverture.
Je me suis vite rendu compte que les coûts associés à ces différents services n’étaient pas compatibles avec ce que je voulais investir. Il a donc fallu que je prenne en charge l’ensemble de ces tâches, de manière à ne garder que le coût de l’impression elle-même.

Pour la mise en page du livre papier, après diverses recherches, je me suis finalement fixé sur ce qui suit :

  • Taille de page A5. Un livre à ce format tient bien dans la main, n’est pas trop encombrant et ne se confond pas avec un livre de poche. De plus on trouve facilement des enveloppes ou boîtes à ce format pour les envois postaux.
  • Marges extérieures de 2 cm, marge interne de 2,5 cm. On peut peut-être réduire à 1,8 cm pour les marges externes et 2,2 cm pour la marge interne.
  • Police Times New Roman taille 10,5. Cela permet de réduire le nombre de pages (si vous en avez besoin) tout en restant lisible.
  • Interligne de 1.15 ligne pour une lecture aérée
  • Une fois que tous ces paramètres sont fixés, pensez à faire une passe globale pour vérifier que les fins de paragraphe ne sont trop proches ni de la fin ni du début d’une page, que les astérisques séparant des scènes ne se trouvent pas en début de page, que l’on évite les « veuves et les orphelines », etc.

Choix d’un imprimeur

J’ai commencé par étudier ce que proposaient les acteurs de l’autoédition. On trouve aussi bien des imprimeurs qui se diversifient vers une offre de service complète que des sociétés dont le point de départ est l’édition à compte d’auteur.
J’ai d’abord pris contact avec BouquinBec une entreprise québécoise proposant des services à la carte de relecture, mise en page, maquettage et impression, ainsi qu’une librairie en ligne. Un peu l’alter ego de Bookelis en France par exemple.
Mais les plateformes tout-en-un d’autoédition, outre leurs coûts, ne m’offraient pas suffisamment de souplesse. J’avais mon projet en tête et le suivre requérait de contrôler chaque étape.
J’ai donc cherché des imprimeurs. Youpi ! Il y en a un à cent mètres de chez moi ! Je prends rendez-vous, j’explique mon projet, je choisis le papier, l’épaisseur de la couverture, la finition. Je pense avoir enfin touché au but. Las, l’imprimeur ne me donne plus signe de vie et malgré de multiples relances, fait la sourde oreille. Je préfère ne pas continuer sur une relation si mal engagée. J’écris à des imprimeurs et façonneurs aux alentours, mais n’obtiens aucune réponse. Heureusement d’autres auteurs indépendants partagent leur expérience et donnent quelques contacts (voir dans les références de ce chapitre).

Parmi eux, BooksFactory me répond rapidement, le commercial qui me contacte est ouvert, cordial et connaît son affaire. Nous faisons un premier devis ensemble en utilisant leur outil en ligne et je creuse le sujet le week-end suivant en réglant certains critères pour affiner le coût.

Voici finalement la configuration que j’ai choisie :

  • Taille A5, broché (dos carré collé)
  • Couverture avec pelliculage brillant, moins moderne que la « soft-touch » par exemple, mais moins chère et moins salissante
  • 2 pages par tome comportant une image en couleur
  • Un tome de 444 pages, un autre de 504 pages
  • Papier Munken Print White v1.5 90g/m2, pour une couleur pas trop blanche. Plus dense, donc à la fin un peu plus lourd que du 80g, mais dans cette gamme de papier ils ne proposent pas moins. Avantage : une feuille est assez peu transparente.

Une fois fixés ces paramètres, un calculateur nous donne les dimensions de la couverture, notamment de la tranche, dont la largeur dépend du nombre de pages et du papier choisi. Concevoir la couverture et positionner textes et images pour qu’ils tombent bien une fois la couverture pliée m’a demandé plusieurs heures de travail, mais là encore, j’avais mon projet en tête et la liberté de le mener. Le BAT papier est très important pour cette étape, un vrai rendu est important pour se rendre compte des défauts.

Pour un seul tome et en geste commercial, un BAT papier (Bon À Tirer, c’est-à-dire exemplaire de test) m’a été envoyé pour vérifier la facture et peaufiner les détails. Au total, les 25 exemplaires de deux tomes (soit 50 livres en tout) me reviennent à 343 € TTC, livraison comprise (l’impression est réalisée en Pologne), soit une moyenne de 6,86 € TTC par tome. Pas donné, mais pas non plus délirant.

Voici à quoi ressemble ce BAT :

L’emballage et l’envoi postal

Voici les caractéristiques physiques des deux tomes de mon livre :

  • masse : 700g et 720g
  • taille : A5
  • épaisseur : 32mm et 38mm

Un livre papier est avant tout un objet : je n’imagine pas qu’un lecteur reçoive un exemplaire corné ou abîmé, c’est par cet objet que va commencer l’histoire. L’emballage est donc très important. J’ai trouvé une boîte en carton qui répond à ce critère de protection, mais aussi à mon contexte de livre épais, notamment si je dois envoyer deux tomes ensemble. C’est un carton du fabricant français « Enveloppebulle » dont voici la description.
Comme je ne sais pas du tout à quoi m’attendre, j’ai décidé, pour le moment de ne pas investir dans une vingtaine d’emballages, je les achèterai au fur et à mesure du besoin. J’estime le coût d’un emballage unitaire à 1,50€ ou 2€.

Viennent ensuite les frais de port. Que ce soit un ou deux tomes, l’épaisseur dépasse trois centimètres. Je ne peux donc profiter du tarif « lettre ».
Voici des exemples de coûts pour un envoi en France métropolitaine :

Le prix

Pour fixer le prix public TTC, j’ai donc additionné les différents coûts réels en prenant les coûts postaux les plus élevés.

  • Pour un tome envoyé par la Poste : 7+2+7 = 16 € (arrondi)
  • Pour deux tomes envoyés par la Poste : 7+7+2+9 = 25 € (arrondi)

D’autre part, dans le cas où une librairie voudrait bien m’accueillir (attention, dans ce cas il faut a priori que vous ayez le statut juridique d’une entreprise), il faut compter en moyenne un reversement de 30% du prix de vente, voire 40% quelquefois. Mais il n’y a pas de frais d’envoi.

Enfin, je ne souhaite pas avoir un prix trop élevé car je suis inconnu et que mon but n’est pas de vivre de ma plume.

J’ai donc fixé mon prix de vente TTC public par tome à 14€, avec une participation aux frais d’envoi de 4€ le cas échéant.

Références

https://leslivresdanaisw.fr/faire-imprimer-son-livre/
https://www.iggybook.com/entry/regles-d-or-de-la-mise-en-page-d-un-livre-sur-word

Mentions obligatoires, ISBN et dépôt légal

L’ISBN, c’est l’identifiant unique d’un livre. Si vous souhaitez le commercialiser, il vous faut un ISBN.
En France, il s’obtient sur le site de l’AFNIL https://www.afnil.org/. Prévoyez quelques semaines pour l’obtenir donc lancez la démarche assez tôt.
Il vous faudra un ISBN pour le livre papier, un autre pour la version ePub et un autre pour la version Mobi. Si votre livre papier est en deux tomes, il vous faudra un ISBN pour chaque tome. N’hésitez donc pas à demander tout de suite le nombre d’ISBN nécessaire.
La première affectation d’ISBN est payante (même coût quel que soit le nombre d’ISBN demandé), les affectations suivantes sont gratuites.
Dernières chose : le code barre de l’ISBN est obligatoire en quatrième de couverture. De nombreux outils existent pour générer le PDF de l’ISBN, comme celui de Booksfactory par exemple : https://booksfactory.fr/index.php?cPath=78_80&osCsid=9a845f70a6f2c8030d4e9e6d8516a429

Pour un livre papier commercialisé, il vous faudra aussi déclarer et déposer un exemplaire à la BNF : https://depotlegal.bnf.fr
Mon livre ayant été imprimé en deux tomes, j’ai créé une nouvelle collection et réalisé deux déclarations. Le dépôt lui-même se fait par la Poste, avec franchise de port.
Il n’y a pas de démarche de dépôt légal à faire pour les livres numériques.

Un certain nombre de mentions obligatoires doivent figurer dans le livre déposé : https://www.bnf.fr/fr/mentions-obligatoires-des-documents-soumis-au-depot-legal

autres Référence

https://www.monbestseller.com/actualites-litteraire-conseil/6198-isbn-d%C3%A9pot-bnf-code-barres-comment-faire
https://www.bookelis.com/content/36-les-mentions-obligatoires-auto-edition

Déclaration des ventes et statut juridique

L’auteur peut créer une entreprise pour officialiser son activité et ses revenus, mais j’attendrai déjà de voir si mes ventes existent ! Pour le moment je compte déclarer mes éventuels petits revenus en tant que particulier.

référence

https://leslivresdanaisw.fr/statut-juridique/
https://www.bookelis.com/content/40-statut-auto-editeur-comment-publier-un-livre

Site associé

Un simple WordPress composé de pages (pas d’articles).
J’ai fait le choix d’un nouveau site devenir.jcgarnier.com, donc d’un nouveau nom de domaine, donc d’un coût supplémentaire. Si c’était à refaire, je ne suis pas certain de ne pas choisir plutôt une simple extension de pages sur mon blog existant jcgarnier.com (que vous êtes en train de lire !)

Le site dédié est la vitrine, le début de l’immersion. Il doit être beau, insuffler l’ambiance du livre et bien sûr donner envie. J’ai cherché des images d’illustrations que j’ai finalement trouvées sur https://www.istockphoto.com/fr. J’en ai acquis les droits pour publication sur le site.

La partie que je veux « vivante », d’échanges et de publications par les lecteurs n’est pas facile à mettre en place avec WordPress. J’ai étudié un peu les forums ou certains outils ressemblants, mais cela aurait été trop séparé du reste, sans compter l’apprentissage supplémentaire et les coûts. J’ai donc réduit mes ambitions sur ce point pour me concentrer sur la partie « vitrine » et « diffusion ». Vous verrez cependant que j’ai tenté de tirer le maximum de WordPress pour favoriser ces échanges.

Mise en ligne / boutique

J’utilise http://payhip.com qui prend en charge pas mal de choses : la création de pages produit, de collections de produits, bien sûr le paiement par carte bancaire ou Paypal, mais aussi quelques petits outils marketing comme des coupons de réduction ou la constitution de contacts. Un dashboard offre une vue synthétique. Sur la version gratuite, Payhip ponctionne 5% de l’achat. Il existe des versions payantes réduisant ce taux.

Je n’ai eu qu’à pointer vers payhip depuis le site devenir.jcgarnier.com. Les intermédiaires ne vous reversent bien souvent les droits que mensuellement, voire trimestriellement et quelquefois même seulement si cela dépasse un certain montant, le tout en prenant une part importante au passage (30% par exemple). Avec Payhip, tout est immédiat. Ce n’est pas que j’espère des montants astronomiques, mais dans le principe, je préfère. Et puis, j’avais dit que je voulais maîtriser mon projet d’un bout à l’autre !

Plateformes ou pas plateformes ?

Amazon, Kobo, Apple… à l’heure où j’écris, je n’en vois pas l’intérêt, mais évidemment je peux me tromper, vu que je n’ai aucune expérience de diffusion de livres numériques.
Je me dis simplement que, si de telles plateformes intermédiaires rassemblent un grand nombre de lecteurs, il y a aussi énormément de livres, donc je serai perdu dans la masse (sauf à payer pour de la publicité). C’est pourquoi je vais d’abord tenter le bouche-à-oreille, la mise en place d’un site dédié et pourquoi pas le contact avec des libraires de proximité. Je ne me sens ni l’intérêt, ni la capacité de mettre en place une lourde machine de promotion pour tirer mon épingle du jeu.

Conclusion

Voilà, j’ai tenté de dresser une liste de toutes les tâches qui attendent les auteurs autoédités et de partager toutes les informations qui m’ont paru utiles, notamment celles que je n’ai pas trouvées ailleurs. C’est un long chemin, mais un chemin passionnant !

N’hésitez pas à partager votre expérience !

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