TEA ou MO3T : c’est pas pareil ! contribution de TEA

Suite à la parution de l’article « TEA ou MO3T : c’est pas pareil !« , Eric Daspet, fondateur et directeur technique de TEA a souhaité contribuer au nom de TEA. Je l’en remercie sincèrement, voici la teneur de cette contribution.
Pierre Geslot,  directeur du département Livres numériques chez Orange, a réagi quant à lui sous forme de commentaire à l’article précédent, qu’il en soit tout autant remercié.


Eric Daspet
:

La valeur principale est la volonté d’ouverture. C’est à tout un écosystème ouvert que TEA souhaite contribuer. Nous ne nous voyons donc pas comme une plateforme « à la Amazon » où tout passe forcément par la plateforme TEA. Au contraire même.

Nous fournissons à nos clients une solution complète, qui couvre tous les aspects de l’hébergement des fichiers à la lecture. Cela nous permet de contrôler la qualité de service, d’imaginer des solutions innovantes et de proposer un environnement simple et cohérent au lecteur.

Pour autant nous n’imposons pas cette chaîne complète au lecteur. S’il le souhaite il peut et doit pouvoir acheter chez un libraire, lire avec l’application d’un second intervenant, et échanger ses annotations ou commentaires avec un troisième, pas forcément tous connectés à TEA. Nous avons publié un manifeste en ce sens pour montrer vers quoi nous nous dirigeons: http://www.tea-ebook.com/manifeste.

Les interactions se basent sur des protocoles ouverts, des standards établis, des API publiques pour accéder aux données, et du partage de code logiciel en open source. La plateforme se construit jour après jour dans cette direction.

Outre que TEA a pour vocation a proposer une solution complète à des libraires là où MO3T vise simplement à organiser les acteurs existants, la différence est probablement sur notre implémentation de l’interopérabilité : MO3T se base sur une entité centrale qui autorise, contrôle et certifie les différents acteurs. TEA se base sur des protocoles ou formats ouverts et publics, utilisables par tous.
Si l’objectif est le même, nous avons choisi deux directions différentes pour y arriver.

En espérant avoir fait avancer les choses.

La partie qui suit est la retranscription d’une conversation téléphonique que j’ai eue ultérieurement avec Eric Daspet.

Questions (JC Garnier) :

Deux questions restent toutefois ouvertes pour moi :

Tout d’abord, comme une contradiction entre la déclaration « tout ne doit pas passer par nous, nous ne sommes qu’un élément d’un écosystème ouvert », entre le manifeste du lecteur que vous avez mis en ligne… et la réalité, en tout cas celle que je vois et que j’ai comprise de TEA.
Qui implémente aujourd’hui des morceaux de TEA à part TEA ? Qui définit les interfaces et les spécifications à part TEA, où sont-elles ? l’opensource est-il suffisant pour réaliser concrètement une volonté d’ouverture ? Au final, TEA apparaît un peu comme une plateforme monolithique, qui ne refuse pas que d’autres s’engagent avec elle mais qui présente encore peu d’attrait peut-être pour une participation collaborative.
A cet égard, je trouve la démarche de MO3T plus engageante, car un groupe d’entreprises commence par définir des spécifications et des interfaces publiques, l’implémentation se faisant sur cette base et non le contraire (dommage qu’ils appliquent cela aux droits d’exploitation et non au contenu, d’où ma proposition conclusive que TEA reprenne la même démarche mais sur le contenu).

Je trouve enfin que TEA semble relativement fragile, tant par sa constitution (un seul acteur, d’un seul métier, libraire), que par le fait que cette vision qu’il porte et cette philosophie qu’il voudrait promouvoir ne tient que si les détenteurs de droits la portent aussi. Or aucun éditeur ne fait partie de cette initiative. Y a-t-il des évolutions prévues dans ce domaine ?

Réponse (Eric Daspet) :

TEA ne se désintéresse évidemment pas des éditeurs (Hachette par exemple fournit ses livres numériques à la plateforme TEA) mais sa mission depuis l’origine est centrée sur les libraires. Elle consiste à leur fournir une plateforme leur permettant de vendre des livres numériques. Cette plateforme est d’ailleurs bien vue par les éditeurs eux-mêmes qui préfèrent traiter avec d’autres interlocuteurs que le seul Amazon.
Notre première mission étant d’offrir un ensemble complet de services de vente de livres numériques pour les libraires, nous avons préféré les mettre à disposition rapidement et concrètement sur une plateforme prête à l’emploi que les libraires n’ont plus qu’à utiliser.

Les protocoles et les formats ouverts et publics sur lesquels TEA se bâtit sont pour tous le gage d’une  souplesse et d’une ouverture au monde extérieur de cette plateforme.

TEA n’impose rien quant à la politique de protection des droits, qu’elle soit à base de DRM ou à base d’intermédiaire de contrôle comme dans MO3T. Ces décisions concernent les éditeurs qui confient leurs livres numériques à TEA et ils restent libres du modèle qu’ils souhaitent appliquer. Je remarque cependant que le mouvement de sortie des DRM continue de prendre de l’ampleur chez les éditeurs.
De toute manière, il appartient au lecteur de choisir in fine, par ses achats, le modèle qu’il veut privilégier.

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3 réflexions au sujet de « TEA ou MO3T : c’est pas pareil ! contribution de TEA »

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