la mort, un moment

Michel Crozier est mort, ce GRAND sociologue aura marqué son temps. Achetez le dossier synthétique de sa pensée, achetez le livre « L’acteur et le système » !

Henri Dutilleux est mort, achetez l’intégrale de ce GRAND compositeur !

Georges Moustaki est mort, ce GRAND chanteur et compositeur aimait toutes les femmes et voyageait tout le temps. Achetez le best-of de ses quarante ans de carrière !

La mort comme révélateur, comme signal officiel et formaté qui arrive encore à crever le bruissement de tous ces gens qui parlent, qui chantent, qui écrivent, qui réfléchissent, qui font, eux aussi.

La mort pour faire l’ultime bon coup d’audience.

La mort comme un des derniers moment où l’on se retourne sur un ex-vivant.

La mort comme instant de pause pour les vivants.

Un jour je vais mourir, lisez ce blog tant qu’il en est temps 😉 !

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Éloge de la concision

Que pensez-vous de ça :

mon cœur, comme la lune d’automne,

sur l’étang de jade, claire, pure

en fait rien ne peut lui être comparé

comment expliquer alors ?

La concision est pour moi le plus bel exercice d’expression. A ce jeu la poésie est forcément la meilleure : une métaphore est la compréhension instantanée de tant de notions, d’idées, de sentiments mélangés.

Combien de chapitres de livres pourraient être résumés en quelques vers fulgurants ?

Être concis sans rien perdre du détail, et pourtant ne pas l’expliciter. Savoir jouer de la couleur et de la texture de l’expression pour ramener en chacun des lecteurs, comme dans des filets, la foule des détails inexprimés et peut-être d’ailleurs inexprimables.

Sans compter que la concision est indispensable de nos jours : tant d’information disponible… si personne ne fait un effort ! Quand je lis des tweets se plaignant du maximum de 140 caractères, je dis « merci » à twitter et j’ajoute « écrivez un vers » !

Allez, encore un pour la route ?

Torrent de jade, source claire

la lune sur Han Shan, lumière blanche

compréhension tacite, l’esprit originellement clair

à contempler le vide s’épanouit le silence

PS : les poèmes sont tirés du livre « Merveilleux le chemin de Han Shan » éditions Moundarren (livre papier, sorry !)