Charlie, liberté d’expression et laïcité

Charlie décapité. Comme dans les images qui nous viennent sur Internet où des hommes égorgent d’autres hommes au nom de leur dieu.
Bien sûr, on reste sidéré. Bien sûr, l’effroi nous saisit devant un tel massacre, on pense sans cesse aux victimes, on ne comprend pas ce qui a pu pousser leurs assassins à un tel acte.
Dans des moments pareils, on se rassemble, on parle, on partage l’incompréhension. C’est tout un pays qui se recueille lors d’une minute de silence qu’on veut croire partout respectée, quel que soit son bord politique s’il en a un, quelle que soit sa religion s’il en a une. Radios, télévisions, journaux, Internet, partout la même rengaine : « c’est la liberté d’expression qu’on tue ».

Qu’est-ce qui m’a gêné alors ?
Que ce soit répété ad nauseam ? Que ce soit l’alpha et l’oméga de tout ce qui est dit sur ce crime ? Que l’on n’interroge pas le désespoir de ces hommes qui tuent et savent qu’ils vont être tués dans la foulée?
Dans la classe de collège de mon fils, certains élèves ont rechigné à suivre cette minute de silence.
Sous couvert d’anonymat, car il ne fait pas bon exprimer trop fortement son désaccord dans des moments de communion nationale, certains ne disent pas la même émotion.
Et quelques-uns préfèrent #JeSuisAhmed à #JeSuisCharlie.

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