L’évolution de notre modèle familial

 Un précédent billet a donné la définition des principales notions relatives à la filiation.

Ce billet, dernier de la série de trois, propose quelques axes d’évolution de notre modèle familial :

  1. billet précédent :
    1. L’histoire et l’analyse d’un modèle familial qui tend de plus en plus vers le fondement biologique et reste centré sur l’exclusivité parentale.
    2. La critique des arguments qui l’étayent : naturalismes, réification, stabilité
    3. Pourquoi il évolue ainsi, et la tension qui résulte de son ambivalence et de son décalage par rapport à ce qui se vit aujourd’hui
  2. billet présent :
    1. Pourquoi il doit évoluer
    2. Comment il pourrait se transformer

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la mort, un moment

Michel Crozier est mort, ce GRAND sociologue aura marqué son temps. Achetez le dossier synthétique de sa pensée, achetez le livre « L’acteur et le système » !

Henri Dutilleux est mort, achetez l’intégrale de ce GRAND compositeur !

Georges Moustaki est mort, ce GRAND chanteur et compositeur aimait toutes les femmes et voyageait tout le temps. Achetez le best-of de ses quarante ans de carrière !

La mort comme révélateur, comme signal officiel et formaté qui arrive encore à crever le bruissement de tous ces gens qui parlent, qui chantent, qui écrivent, qui réfléchissent, qui font, eux aussi.

La mort pour faire l’ultime bon coup d’audience.

La mort comme un des derniers moment où l’on se retourne sur un ex-vivant.

La mort comme instant de pause pour les vivants.

Un jour je vais mourir, lisez ce blog tant qu’il en est temps 😉 !

Musique dématérialisée

Voici un retour d’expérience sur la dématérialisation de la musique que j’ai entreprise chez moi. En couleur, les éléments que j’ai acquis et installés, en blanc les éléments que j’avais déjà dans un cadre classique de musique par CD.

Les grandes étapes sont :

  1. Savoir ce que l’on veut faire exactement, évaluer ce qu’il faut.
  2. Acheter le matériel et l’installer
  3. Transformer les CD en fichiers disponibles dans ce nouveau système.

Pour moi cela donnait :

  • Pouvoir écouter la musique sans fil et sans problème de coupure de transmission, dans n’importe quelle pièce de la maison
  • Pouvoir profiter du streaming et radio Internet avec le même système
  • Avoir une interface conviviale de choix des morceaux de musique
  • Ne pas être obligé d’avoir un ordinateur allumé pour écouter de la musique
  • Ne pas perdre en qualité d’écoute par rapport à ma bonne chaîne HIFI actuelle (basée sur lecteur de CD)
  • Pouvoir écouter cette musique depuis n’importe quel endroit en disposant d’Internet

Après moult recherches et écoutes, voici donc le schéma de l’installation à laquelle je suis finalement arrivé :

Musique dématérialisée

Lien intéressant : https://www.sonos.com/graphics/rn/FAQ825/sonos_music_primer.pdf

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Luxe et volupté – Breaking the waves

La petite famille partie en vacances. Seul ce soir. Paris.

Un long détour à travers la ville, température douce et soleil timide, mes pas me portent. Je me rends à la pinacothèque. L’expo sur Tamara de Lempicka et dans la foulée celle sur l’Art Nouveau.
J’en ressors un peu ivre, les yeux débordants, envie de dire merci. Et je respire à pleins poumons l’air de cette terre, je suis avec tous, les humains ont inventé la parole qui traverse les âges.

Un ou deux sex shops survivants. En attendant les prostituées, plus tard dans la soirée. Chair triste et sale, solitaire, grise, cachée, soumise.

Mais deux pas, et puis Fauchon. Plaisir des yeux, papilles en émoi. Je musarde devant les vitrines, Saint-Jacques, saumon, foie gras, macarons… arrangés en courbe, entourés de gelée, rafraîchis de légumes juste cuits.

Monsieur ? …ça, et puis ça… et ça aussi s’il vous plaît !

Tout à l’heure à Saint Lazare je suis passé devant des clochards. Ils s’installaient pour la nuit sous les arcades du côté de l’hôtel 4*. Je ne les ai pas regardés. Sacs plastiques, urine, solitude. Nuit et jour et nuit et jour et nuit.

A la maison, l’odeur des lilas. Un Rully sur la table, Mozart plein, plein la maison. Je déguste le mille-feuilles aux asperges et wasabi, je savoure longuement le pavé d’agneau rôti dans une feuille de chou, je fonds sur le carré aux framboises et crème légère.

Dans ma rue, des vieux, seuls, attendent de mourir devant leur télé.

Comment concilier plaisir et mal de vivre ? Comment marier douleur et plénitude ? Comment ne pas sombrer dans le malheur de chacun ?

La beauté est tout à la fois.

Adoption plénière : un dialogue étonnant au Sénat

Dans le cadre de l’ouverture du mariage aux personnes de même sexe, des discussions ont lieu autour de l’adoption.

Le sénat a auditionné un certain nombre de personnes morales ou physiques à ce sujet. Dans le compte-rendu de la semaine du 11 mars 2013 de la commission des lois (disponible ici), on lit avec stupeur les propos de M. Jean-Pierre Michel, Sénateur de la Haute-Saône, dont je vous livre ici un extrait (c’est moi qui souligne) :

M. Jean-Pierre Michel, rapporteur. – Nous avons entendu nombre d’associations sur la question de l’adoption. On peut se demander si l’adoption plénière répond encore aux réalités, alors que l’on adopte des enfants plus âgés, et bien souvent à l’étranger. Est-il encore légitime, a fortiori pour une adoption par des parents de même sexe, de cacher à l’enfant ses origines ?
Car il saura d’emblée que ses parents ne sont pas ses parents biologiques. L’adoption plénière est une fiction qui veut que l’enfant entre totalement dans sa famille d’adoption, sans possibilité de savoir d’où il vient. Mentir est pire que tout pour la construction de l’enfant. Ces questions surgiront inévitablement lors de l’examen des amendements en séance publique. En tout état de cause, la discussion est engagée, et cette question de l’adoption devra avoir une place centrale dans le projet de loi à venir sur la famille.

Je vous laisse lire la première partie de ce compte-rendu. Il montre une effarante méconnaissance de la réalité, d’autant plus chez des gens chargés de faire des lois.

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HTML5 et DRM : pourquoi pas, c’est un moindre mal

L’assentiment de Tim Berners-Lee à ce que HTML5 supporte les DRM fait grand bruit ces temps-ci.

Voir par exemple cet article : http://affordance.typepad.com//mon_weblog/2013/03/web-is-dead.html

Peut-être faut-il simplement voir dans cette ouverture du HTML5 aux DRM, un effort de plus pour le faire adopter au détriment des applications mobiles natives par exemple.
Le HTML5 permet au moins un accès moins opaque pour l’utilisateur que des applications. Or il est urgent d’agir en ce sens, sachant que ces applications natives représentent de plus en plus l’accès utilisé sur des mobiles qui eux-mêmes sont majoritaires ou en passe de l’être dans les terminaux connectés.

Car il ne faut pas rêver. Face à l’offensive tout azimut des ayant-droits pour protéger leurs contenus et profiter pleinement des possibilités du numérique pour installer des rentes ou simplement lutter contre le piratage, tous les moyens sont et seront bons : on voit déjà la puissance de frappe d’intermédiaires qui raflent tout ou presque auprès des acheteurs. Est-ce que ce modèle est enviable ? Je crois que non, d’abord pour la liberté d’expression.

Avec cet angle de vue, je ne pense pas que ce soit une mauvaise chose de permettre un accès au contenu respectueux des droits plutôt que de laisser des intermédiaires (Apple par exemple) prendre complètement la main sur à la fois le contenu et l’accès, avec tout ce qu’il peut avoir d’opaque quand c’est une application et non du HTML.

Maintenant, et parce que rien n’est simple, reste effectivement le problème des droits numériques eux-mêmes, qui peuvent tout à fait nous déposséder du contenu par rapport à ce que l’on connaît aujourd’hui, mais pour moi c’est bien un autre sujet : celui du modèle de droits que le numérique rend possible et non celui de l’accès.

Voir à ce sujet par exemple le modèle MO3T.

Il me semble bien plus important de nous battre pour la diversité et la liberté d’expression : en cela le HTML5 même intégrant les DRM permet de diminuer l’hégémonie des intermédiaires. C’est tant mieux.

Quant au combat pour éviter l’installation de rentes sur les contenus et pour retrouver le sens du partage de la connaissance et celui du domaine public, il est déjà largement dans nos mains. Il suffit de ne pas acheter les contenus disponibles dans un modèle de droits qui nous dépossède trop ou qui appauvrit la diversité d’expression.

C’est pas gagné, mais c’est moins difficile avec un langage de communication et d’accès ouvert comme HTML5 qu’avec des applis propriétaires.

Mariage pour tous : le drôle de régime politique

Ce qui se passe en ce moment autour de ce qui est appelé « mariage pour tous » me semble être l’occasion de pointer encore une fois le drôle de régime politique dans lequel nous nous trouvons.

Ce sujet est polémique, il se fonde sur des arguments de « contre-nature », d’injustice, ou des ressentis de blessure, il bafoue pour les uns les fondements de l’humain, pour les autres c’est une stigmatisation humiliante. Bref, pas facile d’en parler sans porter le flanc à des critiques définitives et parfois dures de part ou d’autre.

Je prends pourtant le risque. Je voudrais juste discuter les arguments et vous livrer quelques réflexions à leur sujet.

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TEA ou MO3T : c’est pas pareil ! contribution de TEA

Suite à la parution de l’article « TEA ou MO3T : c’est pas pareil !« , Eric Daspet, fondateur et directeur technique de TEA a souhaité contribuer au nom de TEA. Je l’en remercie sincèrement, voici la teneur de cette contribution.
Pierre Geslot,  directeur du département Livres numériques chez Orange, a réagi quant à lui sous forme de commentaire à l’article précédent, qu’il en soit tout autant remercié.

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TEA ou MO3T : c’est pas pareil ! (1ère mise à jour)

Pour ceux qui ont déjà lu cet article, la mise à jour n°1 est disponible à la fin (UltraViolet)

Une réponse de MO3T est disponible dans les commentaires de cet article (Pierre Geslot). Celle de TEA fait l’objet d’un autre article accessible ici.

TEA et MO3T sont actuellement deux projets qui tentent, en France, de proposer une gestion intégrée et cohérente des contenus numériques, TEA étant orienté « livres numériques », MO3T se voulant ouvert à tout type de contenu.

On parle (un peu) de TEA, moins de MO3T. Je vais tenter ici une analyse de ces deux approches, pour votre plus grand plaisir il va sans dire…

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Envie de rien

Je reste un peu à l’écart
J’entretiens ma petite douleur,
Légère étrangeté
Dont je suis amoureux.

Je vous regarde bouger pour rien
Au coin du feu, sourire lointain.

Aucune envie de changer
Ni de prendre le vent du large,
Arène de tripes et de sueur
Corps rejetés, moi, les autres sur le bord
un tas épuisé bon enfin pour  la mort.

Aucune envie de perdre dans le vent du large
Ma petite étrangeté
Et ma si légère douleur.