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Occupez-vous de vous !

Adoption plénière : un dialogue étonnant au Sénat

Dans le cadre de l’ouverture du mariage aux personnes de même sexe, des discussions ont lieu autour de l’adoption.

Le sénat a auditionné un certain nombre de personnes morales ou physiques à ce sujet. Dans le compte-rendu de la semaine du 11 mars 2013 de la commission des lois (disponible ici), on lit avec stupeur les propos de M. Jean-Pierre Michel, Sénateur de la Haute-Saône, dont je vous livre ici un extrait (c’est moi qui souligne) :

M. Jean-Pierre Michel, rapporteur. – Nous avons entendu nombre d’associations sur la question de l’adoption. On peut se demander si l’adoption plénière répond encore aux réalités, alors que l’on adopte des enfants plus âgés, et bien souvent à l’étranger. Est-il encore légitime, a fortiori pour une adoption par des parents de même sexe, de cacher à l’enfant ses origines ?
Car il saura d’emblée que ses parents ne sont pas ses parents biologiques. L’adoption plénière est une fiction qui veut que l’enfant entre totalement dans sa famille d’adoption, sans possibilité de savoir d’où il vient. Mentir est pire que tout pour la construction de l’enfant. Ces questions surgiront inévitablement lors de l’examen des amendements en séance publique. En tout état de cause, la discussion est engagée, et cette question de l’adoption devra avoir une place centrale dans le projet de loi à venir sur la famille.

Je vous laisse lire la première partie de ce compte-rendu. Il montre une effarante méconnaissance de la réalité, d’autant plus chez des gens chargés de faire des lois.

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HTML5 et DRM : pourquoi pas, c’est un moindre mal

L’assentiment de Tim Berners-Lee à ce que HTML5 supporte les DRM fait grand bruit ces temps-ci.

Voir par exemple cet article : http://affordance.typepad.com//mon_weblog/2013/03/web-is-dead.html

Peut-être faut-il simplement voir dans cette ouverture du HTML5 aux DRM, un effort de plus pour le faire adopter au détriment des applications mobiles natives par exemple.
Le HTML5 permet au moins un accès moins opaque pour l’utilisateur que des applications. Or il est urgent d’agir en ce sens, sachant que ces applications natives représentent de plus en plus l’accès utilisé sur des mobiles qui eux-mêmes sont majoritaires ou en passe de l’être dans les terminaux connectés.

Car il ne faut pas rêver. Face à l’offensive tout azimut des ayant-droits pour protéger leurs contenus et profiter pleinement des possibilités du numérique pour installer des rentes ou simplement lutter contre le piratage, tous les moyens sont et seront bons : on voit déjà la puissance de frappe d’intermédiaires qui raflent tout ou presque auprès des acheteurs. Est-ce que ce modèle est enviable ? Je crois que non, d’abord pour la liberté d’expression.

Avec cet angle de vue, je ne pense pas que ce soit une mauvaise chose de permettre un accès au contenu respectueux des droits plutôt que de laisser des intermédiaires (Apple par exemple) prendre complètement la main sur à la fois le contenu et l’accès, avec tout ce qu’il peut avoir d’opaque quand c’est une application et non du HTML.

Maintenant, et parce que rien n’est simple, reste effectivement le problème des droits numériques eux-mêmes, qui peuvent tout à fait nous déposséder du contenu par rapport à ce que l’on connaît aujourd’hui, mais pour moi c’est bien un autre sujet : celui du modèle de droits que le numérique rend possible et non celui de l’accès.

Voir à ce sujet par exemple le modèle MO3T.

Il me semble bien plus important de nous battre pour la diversité et la liberté d’expression : en cela le HTML5 même intégrant les DRM permet de diminuer l’hégémonie des intermédiaires. C’est tant mieux.

Quant au combat pour éviter l’installation de rentes sur les contenus et pour retrouver le sens du partage de la connaissance et celui du domaine public, il est déjà largement dans nos mains. Il suffit de ne pas acheter les contenus disponibles dans un modèle de droits qui nous dépossède trop ou qui appauvrit la diversité d’expression.

C’est pas gagné, mais c’est moins difficile avec un langage de communication et d’accès ouvert comme HTML5 qu’avec des applis propriétaires.

Mariage pour tous : le drôle de régime politique

Ce qui se passe en ce moment autour de ce qui est appelé « mariage pour tous » me semble être l’occasion de pointer encore une fois le drôle de régime politique dans lequel nous nous trouvons.

Ce sujet est polémique, il se fonde sur des arguments de « contre-nature », d’injustice, ou des ressentis de blessure, il bafoue pour les uns les fondements de l’humain, pour les autres c’est une stigmatisation humiliante. Bref, pas facile d’en parler sans porter le flanc à des critiques définitives et parfois dures de part ou d’autre.

Je prends pourtant le risque. Je voudrais juste discuter les arguments et vous livrer quelques réflexions à leur sujet.

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TEA ou MO3T : c’est pas pareil ! contribution de TEA

Suite à la parution de l’article « TEA ou MO3T : c’est pas pareil !« , Eric Daspet, fondateur et directeur technique de TEA a souhaité contribuer au nom de TEA. Je l’en remercie sincèrement, voici la teneur de cette contribution.
Pierre Geslot,  directeur du département Livres numériques chez Orange, a réagi quant à lui sous forme de commentaire à l’article précédent, qu’il en soit tout autant remercié.

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TEA ou MO3T : c’est pas pareil ! (1ère mise à jour)

Pour ceux qui ont déjà lu cet article, la mise à jour n°1 est disponible à la fin (UltraViolet)

Une réponse de MO3T est disponible dans les commentaires de cet article (Pierre Geslot). Celle de TEA fait l’objet d’un autre article accessible ici.

TEA et MO3T sont actuellement deux projets qui tentent, en France, de proposer une gestion intégrée et cohérente des contenus numériques, TEA étant orienté « livres numériques », MO3T se voulant ouvert à tout type de contenu.

On parle (un peu) de TEA, moins de MO3T. Je vais tenter ici une analyse de ces deux approches, pour votre plus grand plaisir il va sans dire…

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Envie de rien

Je reste un peu à l’écart
J’entretiens ma petite douleur,
Légère étrangeté
Dont je suis amoureux.

Je vous regarde bouger pour rien
Au coin du feu, sourire lointain.

Aucune envie de changer
Ni de prendre le vent du large,
Arène de tripes et de sueur
Corps rejetés, moi, les autres sur le bord
un tas épuisé bon enfin pour  la mort.

Aucune envie de perdre dans le vent du large
Ma petite étrangeté
Et ma si légère douleur.

L’avenir de l’édition indépendante

Le salon « L’Autre Livre » des éditeurs indépendants qui se tient du 16 au 18 novembre 2012 à Paris (http://www.lautrelivre.net/) est l’occasion d’un débat sur l’avenir de l’édition indépendante (le 17 à 15h00).

A ce propos des contributions ont été demandées pour alimenter le débat. Voici donc la mienne, qui se fonde en grande partie sur la réflexion initiée dans les articles « les éditeurs au tournant du numérique » et « l’auteur, l’éditeur, le numérique et la liberté d’expression » de ce blog.

Je ne reviendrai pas sur le fait que l’édition indépendante représente pour une bonne part la diversité de la création et des idées.

Mais je n’ai pas envie de réfléchir à cette problématique en me donnant a priori pour but de « sauver » la chaîne du livre actuelle. De tels prémisses amènent trop souvent à de la langue de bois, à des subventions saupoudrées et finalement des décisions cachées ou des non-choix, donc souvent à la pire des situations : la situation non choisie.

L’édition indépendante se heurte à plusieurs difficultés. Mais elle a aussi des atouts et des leviers à faire jouer, certains nouveaux comme le numérique.

Je voudrais aborder la problématique en faisant une séparation entre ce qui relève de l’essence même de l’activité d’édition, et ce qui relève plus d’un changement de situation. Je finirai par la mise en exergue des leviers et moyens que peuvent saisir les éditeurs (voire les libraires) pour ne pas voir leur activité disparaître et des propositions ou des pistes de réflexion.

 

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